1ère Danse.
Le hasard.
Premier coup sur la tête.
-Espèce d'imbécile ! Regarde dans quel pétrin tu nous as foutus !
L'½il rouge vif du jeune homme semblait vouloir incendier la personne qu'il venait de frapper, alors que son ½il bleu voulait le congeler. La victime se protégeait la tête en grimaçant de douleur, grommelant quelque chose avant d'ouvrir un ½il, de couleur verte, puis un second, rouge.
-J'en savais rien ! J'ne l'aurais pas pris si j'avais su que ça déclencherait tout ça !
Les jumeaux soupirèrent en même temps et se redressèrent légèrement pour voir au dessus du rocher derrière lequel ils s'étaient cachés. Les soldats défilaient en masse, et les maisons du village étaient en feu. Les habitants hurlaient, tentaient de fuir, mais tous étaient rattrapés puis enfermés dans une sorte de cage électrique. Sans faire plus de bruit, les deux frères s'éloignèrent du village, s'enfonçant dans la forêt qui les cacherait sûrement mieux qu'un rocher. Rabattant leur capuche sur leur tête, ils disparurent dans l'obscurité de la nuit, sans jamais jeter un seul et dernier coup d'½il à l'endroit où ils avaient grandis.
-Kiba nous rejoindra, Omega.
Ledit Omega, tourna légèrement son visage, de façon à ce que son ½il bleu croise le vert de son frère.
-Je sais, Yue.
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Le soldat empoigna sauvagement une petite fille blonde, qu'il jeta par terre, l'éloignant de sa mère qu'elle voulait aider. Il saisi violemment la chevelure de cette dernière et la força à s'agenouiller.
-Où sont-ils ?
La jeune femme, afficha un sourire moqueur, tandis que le sang coulait lentement du coin de sa bouche. Sans plus attendre, le soldat la laissa tomber, et d'un geste sec, il lui trancha la tête, sous les yeux horrifiés de la petite, qui hurla. Se retournant, l'homme pris l'enfant de force et la traina dans la cage lumineuse, où une vingtaine d'autres enfants étaient prisonniers.
Un homme vêtu de blanc, donc les yeux étaient bandés par un tissu noir, s'approcha du soldat.
-Elle non plus, n'a pas voulu parler ?
-Non, mon général. Comme tous les autres, elle se moquait de nous.
Le général tourna son visage en direction du cadavre décapité et pinça légèrement les lèvres, avant de reprendre son chemin parmi les décombres. Il s'approcha d'une cage où bon nombre d'adolescents se trouvaient, et malgré le bandeau, tous savaient qu'il les observait. Le silence le plus total régnait dans cette cage où tous le fixaient avec peur et colère.
Le général pencha la tête sur le côté. Tout au fond, assis en tailleur, se trouvait un jeune homme donc les cheveux noirs lui tombaient devant le visage. Des cheveux longs, noirs, parfaitement lisses, et lumineux. Les reflets cuivrés de ses cheveux l'intriguèrent et il s'approcha, lentement, les mains dans le dos.
-Qui est-ce ? demanda-t-il à un soldat qui gardait la cage.
Après avoir observé rapidement le prisonnier en question, le soldat répondit.
-L'un des triplés. Il s'est laissé capturer mais s'est muré dans le silence.
-Savez-vous duquel il s'agit ?
-Le sauvage.
-Kiba ?
Le prisonnier releva alors la tête, laissant voir un ½il rouge et un ½il totalement noir. Son visage salis par la terre se crispa, tandis que ses poings se resserraient. Vêtu de guenilles, il paraissait avoir froid. Le général se rapprocha encore un peu, et la réaction de Kiba fut immédiate ; il bondit de son coin, hurlant de colère, et glissa un bras aux doigts griffus or de la cage, qui lui brûlait la peau avec l'électricité. Il chercha à atteindre le bandeau du général, qui demeurait totalement immobile, mais la douleur de son bras le força à se retirer.
Il était à la limite de la maigreur, constata le général. Ses cheveux longs et son teint sale lui donnaient un air de fantôme errant, mais il était bien là, et ses muscles n'étaient pas une illusion, tout autant que ses griffes et légers crocs. De nombreuses cicatrices barraient ses bras nus. Ses jambes étaient à moitié découvertes, son pantalon de tissu ayant été violemment déchiré par le bas. Ses pieds, noirs de crasse, étaient tout aussi griffus et dangereux que ses mains. Le général ne bougeait toujours pas, tandis que la respiration saccadée du prisonnier faisait trembler de haine ce dernier.
Les autres adolescents suivaient la scène avec inquiétude, regardant tour à tour le général et le dénommé Kiba. Soudain, il se rassit dans la cage et croisa les bras autour de ses genoux, y enfouissant son visage, ses griffes s'enfonçant dans sa propre peau. L'homme en blanc eut un léger sourire, puis tourna le dos et s'éloigna.
-La chasse fut bonne, chers soldats. Rentrons.
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